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Congo : 870 milliards FCFA à gagner si le pays accélère sa révolution numérique

BZV, 26 juin 2026
Signé : Ismaël Gatse Pea

Et si le numérique devenait l'un des principaux moteurs de la croissance congolaise ? C'est le pari de la GSMA. Dans un rapport présenté le 22 juin à Brazzaville, à l'occasion du Sommet Digital Africa, l'organisation mondiale de l'écosystème mobile estime que la République du Congo pourrait générer 870 milliards de francs CFA de valeur économique supplémentaire d'ici à 2030, à condition d'engager des réformes ambitieuses dans le secteur.


Une couverture importante… mais des millions de Congolais toujours hors ligne


Sur le plan des infrastructures, le Congo n'est pas à la traîne. Près de 86 % de la population est désormais couverte par la 4G. Pourtant, cette avancée masque une réalité préoccupante : seuls 19 % des Congolais utilisent effectivement Internet mobile.

Autrement dit, sept personnes sur dix vivant dans une zone couverte restent déconnectées. Pour la GSMA, le véritable défi n'est donc plus d'étendre le réseau, mais de permettre aux populations d'en faire un usage quotidien

En cause : le coût encore élevé des smartphones, un accès limité aux outils numériques, des compétences insuffisantes et un environnement réglementaire qui peine à suivre le rythme de l'innovation.

Cette situation se reflète dans l'indice GSMA Digital Nations and Society 2025, où le Congo n'obtient que 26 points sur 100, révélant l'ampleur des efforts qu'il reste à accomplir.


Le potentiel est immense


Selon les projections de la GSMA, des réformes ciblées pourraient profondément transformer l'économie congolaise d'ici à 2030.

Le pays pourrait ainsi compter plus de 540 000 nouveaux utilisateurs d'Internet mobile, portant le nombre total d'abonnés connectés à près de 2,2 millions.

Les retombées économiques seraient considérables :

  • 870 milliards FCFA de valeur ajoutée pour l'économie nationale ;
  • Plus de 144 000 emplois créés ;
  • 93 milliards FCFA de recettes fiscales nettes en 2030 ;
  • 174 milliards FCFA de recettes fiscales additionnelles cumulées sur la période.

Des perspectives qui s'inscrivent dans les objectifs de la Stratégie numérique Congo 2030 et du Plan national de développement 2022-2026.


Les quatre réformes qui pourraient changer la donne


Pour transformer ce potentiel en réalité, la GSMA identifie quatre priorités.

La première consiste à améliorer le climat d'investissement dans les infrastructures numériques grâce à une meilleure gestion du spectre, à une réduction des coûts réglementaires et au renforcement du Fonds de service universel.

Deuxième levier : alléger la fiscalité qui freine l'accès au numérique. L'organisation recommande notamment la suppression de la taxe sur les communications électroniques (TTCE) ainsi que l'abandon de la taxe de 10 000 FCFA appliquée aux appareils compatibles SIM, une mesure qui renchérit le prix des smartphones d'entrée de gamme.

La troisième priorité vise à rendre les smartphones plus accessibles tout en renforçant les compétences numériques de la population.

Enfin, la GSMA appelle à moderniser le cadre réglementaire, avec une révision de la législation sur les communications électroniques et l'élaboration d'une véritable stratégie nationale consacrée à l'intelligence artificielle.


Le temps des décisions


« La République du Congo a construit une base solide en matière de connectivité mobile, mais combler l'écart d'utilisation nécessite désormais des réformes coordonnées », souligne Caroline Mbugua, directrice principale des politiques publiques de la GSMA.

Selon elle, un environnement plus stable et plus favorable à l'investissement permettrait au pays de libérer tout son potentiel économique et d'accélérer une transformation numérique bénéfique à l'ensemble de la population.

Le diagnostic est posé. Les infrastructures existent, les opportunités sont identifiées et les bénéfices sont chiffrés. Reste désormais l'essentiel : la volonté politique de transformer ces recommandations en actions concrètes. Car dans la course au numérique, ce ne sont plus les promesses qui feront la différence, mais les décisions.